Institut pour une triarticulation sociale

 

 
 
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Erbakan et la question kurde

25.07.2000 - Sylvain Coiplet

Les avocats de l'ancien premier ministre turc Necmettin Erbakan sembleraient avoir contacté la cour européenne des droits de l'homme pour y faire appel contre la peine de prison à laquelle celui-ci a été condamné.

Erbacan avait été condamné pour avoir appelé à la haine religieuse et raciale. Il avait critiqué en 1994 lors d'un discours électoral la suppression de la confession islamique dans les écoles turques. Qu'elle ait été remplacée par une confession de foi envers l'état turc aurait poussé certains à se considérer comme kurdes. Suite à cette critique les militaires turcs avaient fait pression et forcé Erbakan à quitter son poste de premier ministre, car ils y voyaient un danger pour le principe de la séparation de l'église et de l'état.

Il ne viendrait naturellement ni à l'idée des militaires turcs ni à celle d'Erbakan de faire pression pour une séparation de l'école et de l'état. Cela mettrait en danger l'influence de l'armée sur la société. Erbakan aimerait bien pour sa part se servir de l'état turc pour forcer les écoles à faire profession de foi islamique. On peut douter que cela fasse renoncer certains à se réclamer de l'identité kurde. Cette identité ne se limite pas à la religion islamique. En fait aussi partie la langue kurde. Celle ci a aussi été abolie dans les écoles et remplacée par le turc comme langue d'état.

Si elle désire faire partie de l'Union Européenne, la Turquie pourra difficilement éviter de lever l'interdiction générale de la langue kurde. L'Union Européenne ne fera par contre sûrement pas pression en vue d'une séparation de l'école et de l'état, puisqu'elle s'oppose à l'appliquer pour elle-même.